
Parler des canicules sur les réseaux quand on est en plein dedans est un exercice compliqué.
Je suis partagé entre l’envie d’exprimer ce que je ressens et celle de ne pas multiplier les messages angoissants pour ne pas contribuer à la charge mentale de beaucoup d’entre nous qui n’avons pas les moyens de Bernard Arnault pour y échapper.
D’ailleurs est ce que quelqu’un peut aller briser les genoux virtuels avec une Kangoo virtuelle de ces quelques comptes météo de merde tenus par des sacs à merde qui multiplient les messages de merde et les cartes clickpute de merde façon Linkedin de merde pour se faire du blé sur la peur des gens comme chaque putain de sac à merde qui se présente à une élection avec l’étiquette brune du RN ?
Pourtant oui plus que jamais il faut politiser. Parce que cette souffrance collective comme les drames individuels qui arrivent durant cet été 2026 ne sont pas le fruit du hasard. C’est le résultat de dizaines d’années d’inaction gouvernementale qui ont refusés toute action écologique d’ampleur de peur de déplaire à la FNSEA et au MEDEF.
De Hollande (on t’a pas oublié chacal) à Macron, de Sarkozy à Chirac et par toutes les majorités successives, tout le monde a préféré faire semblant de ne pas entendre par commodité et par déni. L’électorat aussi, soyons honnêtes, a préféré croire à la jolie fable d’un monde sans conséquences ou à celles des rassuristes, en réalité des corrompus ou des conspirationnistes (choisis la couleur du sac poubelle).
Mais maintenant, c’est trop tard, il va falloir payer. Enfin pas tout le monde.
Car contrairement à ce résidu de fond de poubelle d’hôtel de luxe de Yann Barthès, la moindre personne de plus de 5 ans et avec 2 neurones qui tournent sait que tout le monde ne vit pas la chaleur de la même façon. Parce que chaque corps est différent. Parce qu’on n’a clairement pas tous les mêmes conditions de vie. Et parce qu’on a pas tous les mêmes réflexes ou les mêmes capacités à se protéger au quotidien.
Les fortunés eux trouveront toujours un moyen, forcément snob et ultra décadent, de contourner l’obstacle tandis que les pauvres crèveront de chaud.
Et je n’utilise pas ce terme à la légère, les morts horribles se multiplient déjà à l’échelle nationale et européenne.
C’est cette grand-mère qui crève dans la solitude d’un appartement à qui on a refusé de mettre des volets. Ce sont ces prisonniers qui vont multiplier les séquelles parce qu’on les enferme dans des prisons surchauffées.
Ce sont ces animaux d’élevage qui sont en train de crever à même le sol de leurs cages.
Ce sont ces millions de personnes qui souffriront des conséquence pendant des années à cause du travail, du mal-logement, de la maladie non traitée et de l’absence de toute politique de remise en question des rythmes de l’entreprise et de planifications sérieuses des grands événements culturels.
Nos dirigeants ont sur les mains le sang et les étouffements de toutes ces vies sacrifiées. Et pourtant, pas une chaîne d’info ne le souligne comme il le faudrait. Pas un procès ne se tiendra, protégés qu’ils sont par l’immunité et par la Haute Cour de « justice ».
Pourtant n’oublions jamais qu’ils savaient, qu’ils auraient dû prévoir et que toutes leurs dénégations sont au mieux l’aveu de leurs incompétences coupables et au pire de leur cynisme sans fin.
Ces morts et ces souffrances sont aussi un rappel de pourquoi on ne peut pas lâcher la solidarité à gauche car la droite préférera toujours nous voir crever dans des hôpitaux publics transformés en situations de guerre permanentes plutôt que de faire la moindre concession sur les congés climatiques, l’agriculture intensive ou le prix de la clim.
On est souvent bercé dans l’idée que le capitalisme est suffisamment souple pour corriger les erreurs de ses propres dérives. Mais ce qui nous arrive là, bulletin météo après bulletin météo, n’est pas un bug et surtout pas une feature (allez crever les conspis avec vos chemtrails, vous êtes une perte de temps et une régression du genre humain).
C’est la conséquence logique, le scénario nominal d’une corruption et d’une absence de courage massives d’élites politiques, économiques et médiatiques internationales incompétentes, cyniques et dangereuses. Et avant que les zinzins du fond de la classe hurlent, c’est valable pour toutes les origines, genres et religions.
Alors que faire ? Pas mal de trucs en réalité mais je vous préviens ça risque d’être parfois contradictoire et paradoxal.
Il va falloir rester calme pour gérer au mieux sa situation physique, sa charge mentale ainsi que celle de ses proches.
Il va falloir continuer de s’informer correctement (même affaibli par 10 ans de macronisme, Météo-France reste une source d’infos, La Chaîne Météo ou Météo Villes ou la météo agricole aussi) pour éviter la panique, le dooming comme l’excès de confiance tout en assumant et en embrassant sa colère de la manière que chacun-e jugera la plus appropriée.
Car nous avons raison d’être en colère, au-delà des morts évitables dont je parlais plus haut, il faut bien se rendre compte de ce qu’on nous a volé. Le climat tempéré que nous avons, privilège de l’âge, plus ou moins connu ne reviendra plus. L’été est devenu dangereux. Les hivers le seront aussi. Tandis que les printemps et les automnes sont aussi menacés que les services publics par les budgets macronistes soutenus par le PS et d’une certaine façon le RN.
La météo ne se résume pas aux cartes, ce sont nos corps. Ce sont nos vies. C’est l’air qu’on respire et les paysages que l’on voit ou que l’on ne voit plus quand on est enfermé chez soi. Face aux dangers, ni nos dirigeants ni les droites extrêmes ne sont prêtes. A nous de l’être sans eux et contre eux.

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