21 avril

Le 21 avril 2002, je viens d’avoir 16 ans, il y a peu de temps auparavant. Je fuis alors le harcèlement au lycée en me réfugiant dans les jeux vidéo et les BD. Et puis, via Game One et les mangas que j’arrive à trouver dans une maison de la presse ou au Virgin Megastore de Rennes, le Japon ne va pas tarder à venir définitivement bouleversé mon univers intérieur. Le genre de période qui vient tracer les voies d’une vie.

Le 21 avril 2002, ce soir là je n’arrive pas à dormir parce que l’extrême droite vient d’accéder au 2nd tour. Je ne perçois pas à l’époque l’ampleur de la surprise et de la colère qui traversent mes parents. Ce que je ressens à ce moment-là, c’est surtout de la peur et une énorme incompréhension. Comment les gens peuvent-ils voter pour le racisme et la vulgarité de Le Pen ?

Le 21 avril 2002, cette courte nuit sera pour moi un déclic fondateur de ce qui est toujours aujourd’hui un engagement politique. D’autant qu’elle fût suivie par une période inimaginable aujourd’hui. Où l’on manifestait sans peur contre le fascisme. Où le barrage électoral était une évidence pour beaucoup. Où on ne se posait que peu de questions idiotes sur la nature réelle des idées et du programme du FN.

Ma mémoire de cette époque n’a pas disparue. Je vois très bien que la période a changé. Que les températures ont grimpées par rapport aux saisons de mon adolescence et de mon enfance.

Cependant, rien ni personne ne me manipulera pour me faire croire que la réalité n’est pas ce que mes yeux voient aujourd’hui encore très bien : le FN/RN lui est resté le même. Certes, il met aujourd’hui des cravates et a beaucoup plus d’alliés politiques et médiatiques qui se répandent comme des légions d’idiots utiles ou de collabos lâches. Mais un sac à merde même repeint et porté en triomphe reste un contenant d’excréments.

Alors comme chaque 21 avril que le destin me permettra de vivre, je renouvelle ce que je me suis promis allongé apeuré dans mon lit d’adolescent : aux fascistes d’hier, d’aujourd’hui et de demain, quoi que vous fassiez je ne vous accepterais jamais. Je vous vois pour le poison que vous êtes, les mensonges que vous injectez, la haine que vous défendez. Je ne vous pardonnerai jamais tant que vous resterez ainsi. Et si vous vous entêtez jusqu’à votre disparition, je boirais à votre mort et j’irais pisser sur votre tombe. Vous ou nous.

Nemo

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *