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Camarade,
Au moment où j’entame la rédaction de cette nouvelle édition, j’apprends avec tristesse la mort d’Henri Maler, le fondateur d’Acrimed. Tu, oui, j’ai décidé de te tutoyer désormais, camarade, tu me permettras donc de commencer par citer une partie du communiqué de cette association de critique des médias dont l’action radicale et la critique de fond demeurent plus que jamais indispensables.
Trente ans après sa création, Acrimed est toujours là. Et le mouvement auquel Henri a consacré une part considérable de son temps, de son énergie et de sa vie se perpétue, non comme un héritage figé, mais comme une pratique vivante de la critique et de la lutte. Une pratique radicale et indépendante qui continue, grâce à Henri, à se transmettre, à se renouveler et à s’incarner dans de nouvelles générations.
À quelque chose, Maler fut vraiment bon. Respect pour tout ce qu’il a apporté de meilleur et la lutte continue.
Et en parlant de la nécessité de s’incarner dans de nouvelles générations, je ne peux que constater avec toi à quel point la France a de nouveau si rapidement et si facilement basculé dans la violence avec cette répression féroce qui s’abat sur une jeunesse à bout.
Signe des temps et d’un gouvernement qui ne sait ni ne veut négocier, la matraque fut la seule réponse massive apportée aux manifestations. Le macronisme continue de préparer la place à l’extrême droite dont personne n’a été surpris d’apprendre que son principal parti est dirigé par un antisémite menteur et ex-soralien. Gérée par un ministre de l’intérieur qui se vante de ne pas appeler à la retenue, et qu’on peut désormais appeler sereinement la cuve à pisse, la semaine dernière fut l’occasion d’une répression aveugle, violente et sans limite.
Les vidéos et les récits des violences policières sont terrifiants. Et Mediapart en a remis une couche avec une compilation de témoignages d’adolescent-e-s traumatisé-e-s à leur sortie de 48 h de garde à vue. Quoi qu’on pense des stratégies ou des méthodes, il serait impardonnable que la gauche qui demande nos votes ne soit pas dans la rue avec la jeunesse. Pendant qu’une partie de la France et ses gouvernants continuent à croire à ce réflexe puant de psychopathe selon lequel il serait totalement normal de frapper des adolescents pour les faire taire, la gauche ne peut rester silencieuse.
Les trois bonnes nouvelles, c’est qu’entre le début de l’écriture de cette newsletter et ce soir où je la termine le mouvement lycéen a :
- organisé une journée réussie de mobilisation
- obtenu le soutien de toute la gauche
- réussi à faire de la gestion de la répression une question médiatique
Terminons ce sujet par un post Bluesky de Padre Pio que je me permets de citer en entier :
La police de ce pays n’est plus digne de la moindre confiance ou du moindre respect. Elle n’a plus aucune légitimité. Ce n’est plus qu’une bande armée qui se divise entre des brutes épaisses et des lâches qui se taisent et les laissent faire. Un gang.
Ah et apparemment ce serait encore la faute de LFI et de ses “proxys”. Sont-ils compatibles avec le pare-feu OpenOffice ou Nord VPN ? On ne saura pas. Et du coup LFI a fait quoi de mal ? A peu près tout apparemment. Fais ton choix, camarade, car si on croit les droites et l’extrême droite, LFI serait responsable de tout en étant au pouvoir nulle part. Ce harcèlement politique permet de multiplier les ballons d’essai pour prôner l’interdiction du parti de gauche en tête dans les sondages pour les prochaines élections. Ça doit être ça la solidarité avec la géniale démocratie israélienne qui, elle, est passée partiellement à l’acte.
Pendant ce temps-là, le PS se regarde le nombril avec sa primaire au suffrage censitaire. Apparemment on en est rendu à savoir qu’on doit voter, contre 15 € il s’agirait pas que les pauvres participent, pour savoir si on recommence les politiques économiques de Hollande et si un génocide est vraiment un génocide ou si chut, faut pas le dire. Et au milieu de tout ça, Ségolène Royal dit aux lycéens d’arrêter les manifs parce que ça sert à rien.
Donc, camarade, si tu as suffisamment de temps à perdre pour t’intéresser au spectacle misérable de ce parti en perdition ou pire si tu te dis que tu regarderais bien les débats, je te rappelle que ce sont les soldes Steam en ce moment ou que ce replay existe. (Je ne répondrai à aucune question).
Force à la jeunesse en tout cas. Comme toujours, prends soin de toi et des autres. Fais du reuz.
À la prochaine,
Nemo

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