Auteur/autrice : Nemo

  • La violence politique est dĂ©jĂ  la

    La violence politique est déjà la

    Photo pris le 02/05/2023 Ă  Paris par Karollyne Videira Hubert

    Alors que la rĂ©pression politique s’abat sur bon nombre de personnes qui « osent » dire la vĂ©ritĂ© sur les idĂ©es nausĂ©abondes de Charlie Kirk, il se trouve encore pas mal de gens qui viennent appeler Ă  empĂȘcher la violence politique et qui hurlent Ă  l’unitĂ© comme si ces options pouvaient apparaĂźtre avec suffisamment de dĂ©cibels. À ces personnes, je n’ai qu’une seule rĂ©ponse : vous vous trompez. Il est temps d’ouvrir les yeux et de se rĂ©veiller : la violence politique est dĂ©jĂ  lĂ .

    La violence politique est dĂ©jĂ  lĂ  un peu partout pour des raisons similaires. Dans de nombreuses dĂ©mocraties, la population, Ă©puisĂ©e par les crises et le mĂ©pris qu’on lui inflige, chauffĂ©e Ă  blanc par l’inflation, subit le mĂ©pris d’élites libĂ©rales en perdition et se voit de plus en plus exploitĂ©e par un patronat repliĂ© sur lui-mĂȘme, parfois radicalisĂ© et souvent revanchard. Alors, mĂȘme sans volontĂ© de pardon ou d’excuse, qui peut ne pas comprendre que tant se retrouvent tentĂ©s de se nourrir de la haine xĂ©nophobe et des colĂšres simplistes que lui servent sur un plateau l’extrĂȘme droite et sur des plateaux les mĂ©dias bollorĂ©ens ?

    La violence politique est dĂ©jĂ  lĂ  et nous ne sommes ni Ă  l’Ă©poque des compromis, ni Ă  celle des pas de cĂŽtĂ©. Nous ne pouvons nous permettre d’ignorer que la droite bascule de façon de plus en plus rapide vers ses formes les plus radicales. Nous nous devons de rĂ©pondre toutes et tous de maniĂšre proportionnĂ©e et pour cela comprendre ce qui se passe et comment on en est arrivĂ© lĂ  pour mieux Ă©valuer les rĂ©ponses Ă  y apporter.

    La violence politique est dĂ©jĂ  lĂ  depuis des annĂ©es et ne pas rĂ©pondre, ne pas rĂ©sister, ne pas poser les lignes rouges, c’est s’abandonner et abandonner les autres. C’est la mort politique pour tout le monde voire la mort tout court pour bon nombre de minoritĂ©s. Le tout Ă  une Ă©chĂ©ance bien plus courte que ce qu’on pourrait penser. Il suffit d’observer la situation aux États-Unis alors que Trump n’est au pouvoir que depuis quelques mois.

    La violence politique est dĂ©jĂ  lĂ  et pour certains il sera naturel de vouloir s’en Ă©loigner. De s’enfuir loin du bruit, loin de la haine, loin des colĂšres parce que beaucoup ne sont pas prĂȘt-e-s Ă  affronter cela. Chacun-e doit ĂȘtre respectĂ© quelle que soit la rĂ©ponse qu’elle ou il apporte. Ce qui est en revanche inacceptable est d’espĂ©rer continuer ainsi, d’attendre que ça se calme ou de refuser de voir qu’en rĂ©alitĂ© les conflits ont dĂ©jĂ  commencĂ©s.

    La violence politique est dĂ©jĂ  lĂ  et nous devons donc nous y prĂ©parer. Se rĂ©soudre Ă  participer Ă  une guerre que nous n’avons pas choisie et qui peut se dĂ©rouler dans tous nos cercles sociaux. Cependant, participer Ă  une guerre ne signifie pas s’arrĂȘter de vivre ou se rĂ©soudre aux blessures. C’est aussi dĂ©fendre celles et ceux qui sont en danger, crĂ©er des solidaritĂ©s, continuer Ă  se moquer des puissants comme des fachos, se retrouver, monter des projets et espĂ©rer. Et surtout garder en tĂȘte que nous ne sommes pas seul-e-s, que les partis et les Ă©lections sont loin d’ĂȘtre tout ce qu’il y a Ă  voir et qu’ensemble tout devient poss….

    Ouais non pas cette formule mais vous voyez l’idĂ©e quoi.

    Bon courage, prenez soin de vous, de vos proches et des autres qui le méritent.

  • DĂ©bat tragique Ă  Utah Valley, un mort.

    Quand on se rappelle Ă  quel point le dĂ©funt a dĂ©fendu des idĂ©es violentes et haineuses et contribuĂ© Ă  la pollution et la fascisation de la vie politique amĂ©ricaine en mariant ses intĂ©rĂȘts avec ceux de Donald Trump, impossible de verser la moindre larme pour la mort de Charlie Kirk.

    Impossible Ă©galement de ne pas trouver effarant et affligeant l’Ă©tendu du spectacle des hommages auxquels sa mort lui a donnĂ© droit. Chez les « RĂ©publicains » l’affaire Ă©tait entendue tant ce qu’il restait de dĂ©cence dans ce parti est mort depuis de trĂšs nombreuses annĂ©es. Toutefois, cela n’enlĂšve rien Ă  la honte qui devrait recouvrir trop de « responsables » dĂ©mocrates, plus prompts Ă  rendre hommage Ă  un tel personnage plutĂŽt qu’aux nombreux enfants et adolescents mort dans des massacres de masse dans leurs Ă©coles ou mĂȘme Ă  leur propre collĂšgue Melissa Hortman, prĂ©sidente de la Chambre des reprĂ©sentants du Minnesota, assassinĂ©e le 14/06/2025.

    A force d’envahir — directement ou par complicitĂ© — les espaces de dĂ©bat, l’extrĂȘme droite a fini par dĂ©placer suffisamment la fenĂȘtre d’Overton pour atteindre une forme trĂšs inquiĂ©tante de normalisation. On ne devrait pourtant jamais oublier que, dans une sociĂ©tĂ© dĂ©mocratique consciente de la nĂ©cessitĂ© de se protĂ©ger, les discours comme ceux de Charlie Kirk ne devraient mĂȘme pas avoir leur place dans le dĂ©bat publique. Nul besoin de tuer qui que ce soit, la censure des idĂ©es haineuses et violentes est une mĂ©thode pacifique et largement efficace pour empĂȘcher la propagation du poison fasciste.

    En attendant de mesurer l’ampleur de la rĂ©action trumpiste — qui dĂ©pendra beaucoup de l’issue de la chasse Ă  l’homme en cours — nous ne pouvons qu’espĂ©rer que nous n’assisterons pas Ă  une réédition de l‘incendie du Reichtag de 1933.

    Profitons toutefois de l’instant. Un trou de balle en plus pour lui, c’est un trou de balle en moins pour nous.



  • Le roi est le corps nu

    Le roi est le corps nu

    Le Roi et l'Oiseau
    Le Roi et l’Oiseau

    Jamais remis d’une dissolution qu’il a autodiag comme nĂ©cessaire, Macron a donc dĂ©cidĂ© de nous infliger son clone avec un filtre transparent Ă  50% en tant que Premier Ministre sans gouvernement. L’un des derniers qui le supporte encore est donc nommĂ© au siĂšge Ă©jectable pour tenter de trouver une majoritĂ© qui n’existe pas et servir de bouclier Ă  un roi trop aveugle pour se rendre compte qu’il est nu.

    Les chaĂźnes « d’info » ont donc ressorti leurs Ă©ditorialistes droitards de service pour pĂ©rorer sans fin et Ă  pas cher sur de la politique fiction ou les dĂ©tails de la cour. Pendant ce temps lĂ , chez les soit disant adultes de gouvernement, PS, les macronies et LR sont dans un Ă©tat permanent d’alternances rapides et rĂ©guliĂšres entre paniques pour leurs survies et dĂ©testations mutuelles. LFI comme le RN n’ont qu’Ă  se baisser pour observer le spectacle d’une scĂšne politique et mĂ©diatique oĂč tout ce beau monde se renifle le derriĂšre tout en se bouchant le nez. Tandis que Ă©colos, PCF et ce qu’il reste des ex LFI ont visiblement foot ou piscine.

    Combien de temps encore Macron fera t’il perdre au pays en continuant Ă  provoquer ce navrant spectacle ? Tant qu’il continuera Ă  s’accrocher comme un gamin capricieux et pathĂ©tique au pouvoir, il n’y aura en effet aucune pause envisageable car le systĂšme politique de la VĂšme RĂ©publique tourne en boucle sans respiration possible.

    Seul espoir, que demain 10 septembre commence un mouvement dĂ©gagiste avec un message simple : Partez. De l’air. On en a besoin.

  • Chez BollorĂ©, l’extrĂȘme droite pense Ă  faire bande.

    Chez BollorĂ©, l’extrĂȘme droite pense Ă  faire bande.

    Quand on t’accueille en Enfer

    « This is going to be great television. » — Ça va faire de la bonne TV.

    C’est par cette phrase aussi cynique que rĂ©aliste que Donald Trump conclua les Ă©changes houleux devant les camĂ©ras avec le prĂ©sident ukrainien Volodymyr Zelenskyy. Cette capacitĂ© Ă  comprendre le buzz mĂ©diatique —à ĂȘtre vu/entendu et pris en compte jusqu’Ă  la saturation — est l’un des rares talents de Trump qui est encore en phase avec son Ă©poque. Vincent BollorĂ© a bien pris en compte ce succĂšs de captation d’attention et a dĂ©cidĂ© d’appliquer une mĂ©thode diffĂ©rente pour rĂ©pondre au mĂȘme objectif.

    N’ayant pas Ă  investir massivement dans l’information — le public d’extrĂȘme droite Ă©tant peu sensible Ă  la rĂ©alitĂ© des faits — , les mĂ©dias BollorĂ© ont ainsi procĂ©dĂ© Ă  un recrutement sĂ©lectif d’une bande de « journalistes » et de chroniqueurs d’extrĂȘme droite qui sont partagĂ©s entre tous ses supports de maniĂšre ultra rĂ©guliĂšre et presque stakhanoviste. Habituellement, les Ă©missions de bande fonctionnent pour une Ă©mission prĂ©cise parce que le public aime Ă  retrouver des voix et des tĂȘtes connus. C’est d’ailleurs ce que fait Hanouna depuis des annĂ©es qui teste, mĂ©prise, jette et Ă©puise des chroniqueur-euse-s Ă  un rythme savamment dosĂ© pour suivre les goĂ»ts de son public.

    La BollorĂ©sphĂšre a poussĂ© les potards Ă  fond en pratiquant un recyclage intensif de ses intervenant-e-s. RĂ©ussissant ainsi Ă  crĂ©er en quelques annĂ©es un effet « Grosses TĂȘtes » Ă  grande puissance. Ainsi, si vous regardez le prĂ©sentateur Jean Damien Raciste qui a son Ă©mission « 100% RN » le matin sur CNews, vous pourrez le retrouver le soir chroniqueur dans la bande de « L’Heure des Zemmouro » de Karine Zemmour sur Europe 1 avec l’ambassadeur d’IsraĂ«l et Eric Facho.

    Mais ça ne s’arrĂȘte pas lĂ . Eric Facho lui mĂȘme Ă©crit son Ă©dito hebdomadaire sur l’immigration ou les Ă©trangers (il faut varier) dans le JDNews dont le rĂ©dacteur en chef Gontrand Goebbels est lui mĂȘme invitĂ© chez Jean Damien Raciste. Jean Damien dont le joker du week-end Martin Mussolini co-prĂ©sente par ailleurs avec Emilie Nazi l’Ă©mission « 180 Minutes avec Philippe de Villiers ». Cette Ă©mission retransmise aussi sur Europe 1 et commentĂ©e dans le JDD est suivi sur CNews de « AllĂ©luia JĂ©sus » prĂ©sentĂ© par Edouard Cul de BĂ©ni. Ce dernier sera le lendemain l’invitĂ© de Karine Zemmour et Jean Damien Raciste dans « Le dĂ©bat du midi » pour rĂ©agir avec Martin Mussollini, Michel PCF, Rachel Mossad et Gontrand Goebbels au lancement des universitĂ©s d’Ă©tĂ© de ReconquĂȘte et Ă  un sondage du JDD sur les musulmans qui volent le beurre et le couscous des français.

    Et vice et versa.

    Ça peut prĂȘter Ă  sourire mais le problĂšme c’est que … ça marche trĂšs bien. Non seulement BollorĂ© a trouvĂ© le moyen de faire des Ă©conomies d’Ă©chelle importantes en recyclant ses moulins Ă  parole mais il a créé des incarnations familiĂšres que son public va aimer Ă  retrouver et qui sont installĂ©es pour des annĂ©es. France Info s’est mĂȘme dĂ©shonorĂ© en en recrutant deux pour une Ă©mission mĂ©ticuleusement ennuyeuse.

    C’est ainsi que BFM s’est retrouvĂ© larguĂ©e sur le terrain des audiences par CNews. La chaĂźne pro-business n’a jamais rĂ©ussi Ă  imposer ses « tĂȘtes d’affiches » bien souvent piquĂ© chez les autres Ă  de rares exceptions prĂšs comme Apolline De Malherbe ou le duo deTic et Tac qui prĂ©sente les Grandes gueules lĂ . Autre problĂšme pour la chaĂźne de Rodolphe SaadĂ©, elle se prend beaucoup trop au sĂ©rieux.

    Sur BFM c’est la cravate, les chiffres, les soirĂ©es spĂ©ciales et la fameuse « prioritĂ© au direct » lĂ  oĂč sur CNews, sans la pression de devoir faire de l’info au plus vite sauf si elle concerne de la dĂ©linquance Ă©trangĂšre, on n’hĂ©site pas Ă  dĂ©biter sa propagande xĂ©nophobe et haineuse avec une bonhomie dĂ©sarmante et un sentiment d’ĂȘtre « à la cool ». Il est ainsi horrible de constater que, si l’on Ă©carte le fond, il est beaucoup plus « fun » de regarder Pascal Praud avec les membres de sa bande qui ont l’air d’authentiquement se connaĂźtre que l’ambiance coincĂ©e des autres chaĂźnes dites d’info.

    C’est lĂ  oĂč est tout le danger. Le RN enfile des cravates pour paraĂźtre respectable. La bande Ă  BollorĂ© sourit pour paraĂźtre frĂ©quentable.

  • Une ? Non, deux unions.

    Une ? Non, deux unions.

    Rose Rouge – Vassily Kandinsky

    En politique, recevoir un compliment signifie bien souvent se prendre dans la seconde qui suit une vacherie.

    Jean-Luc MĂ©lenchon, rarement avare d’une pique, a dĂ©cidĂ© en cette rentrĂ©e politique tumultueuse de ne pas s’économiser et d’à la fois fĂ©liciter François Bayrou d’en revenir Ă  des usages parlementaires avec le vote de confiance du 8 septembre et RaphaĂ«l Glucksmann de clarifier la situation Ă  gauche. 

    Bien entendu, ces compliments l’arrangent : le Premier ministre est un mort vivant Ă  12% de popularitĂ© et Glucksmann, qui ne l’avouera jamais publiquement, partage avec l’insoumis l’avis que leurs candidatures respectives sont nĂ©cessaires en dehors de tout processus de primaire ou d’union avant l’élection.

    LFI comme Place Publique prennent ainsi le risque de se mettre totalement en opposition d’une grande partie de l’électorat de gauche qui, de par sa crainte lĂ©gitime et identitaire de voir arriver au pouvoir l’extrĂȘme droite, s’embourbe dans le dĂ©sespoir de constater son camp Ă©ternellement dĂ©suni.  

    Comme souvent, le PS arrive en retard mais semble dĂ©cidĂ© Ă  jouer lui aussi au jeu de la dĂ©sunion. Sa derniĂšre trouvaille : le parti d’Olivier Faure s’est lancĂ© dans une prĂ©sentation d’un contre-budget flou, dont les dĂ©tails prĂ©cis restent introuvables, mais dont les quelques Ă©lĂ©ments disponibles tentent de vendre un Ă©quilibre entre augmentation des recettes et rĂ©duction des dĂ©penses.

    Conçue pour dĂ©gager une odeur plaisante pour ses partenaires plus Ă  gauche, cette proposition sert surtout de prĂ©texte Ă  annoncer la nouvelle lubie d’Olivier Faure : devenir le nouveau Premier ministre de Macron.  En excluant Ă©videmment tout ministĂšre pour LFI ce faisant. 

    La prĂ©cision Ă©tait d’ailleurs inutile puisque les insoumis auraient de toute maniĂšre rejetĂ© la proposition comme l’a trĂšs explicitement rappelĂ© MĂ©lenchon dans son dernier Moment Politique. 

    Or, mĂȘme avec un emballage Ă©conomique plutĂŽt Ă  gauche dans le sens oĂč il privilĂ©gie les nouvelles recettes aux coupes budgĂ©taires, en visant de maniĂšre aussi nette Matignon et en affirmant sa volontĂ© de continuer le dialogue avec un François Bayrou qui a renouvelĂ© son mĂ©pris envers eux/elles ce dimanche soir, les dirigeant-e-s du PS semblent vouloir prendre pour stratĂ©gie politique de rĂ©cupĂ©rer ce slogan vachard des insoumis envers Glucksmann : “Un autre Macron est possible”.  AprĂšs tout, c’est toujours mieux que “Tout le monde dĂ©teste le PS”.

    Ce scĂ©nario des roses en chefs de gouvernement est d’autant plus Ă©trange pour quiconque y rĂ©flĂ©chit qu’il se heurte Ă  deux murs infranchissables : l’incapacitĂ© Ă  dĂ©passer 130 dĂ©putĂ©s et celle de Macron Ă  changer de politique Ă©conomique.

    Ajoutons Ă  ce triste tableau que, dans cette pĂ©riode de lassitudes extrĂȘmes et de colĂšres renforcĂ©es oĂč le dĂ©gagisme et les solutions nettes semblent s’imposer virilement Ă  l’opinion publique, l’on peut aisĂ©ment plaider que si l’orage doit s’abattre il risque fort de tomber sur les dirigeants actuels. Soit sous l’arbre au centre du prĂ©. Malheur alors Ă  qui tentera de s’y abriter de quelque cĂŽtĂ© que ce soit. 

    Isaac Newton vu par le génial Gotlib

    Restons toutefois positifs, ce soap politique Ă  l’eau de rose aura tout de mĂȘme fait un heureux puisque l’éditorialiste de LibĂ©ration Thomas Legrand, vĂ©ritable boussole Ă  montrer le passĂ©, a applaudi un PS redevenu “les adultes dans la piĂšce”. On lui rappellera cependant, poliment sinon il va se fĂącher tout rose pĂąle,  que ces derniĂšres annĂ©es sur des sujets sensibles comme le NFP ou la crise sanitaire, c’est bien plus souvent le NPA que les autres partis qui ont eu ce rĂŽle.

    Reste que la constitution de ces 2 pĂŽles politiques, qui ne s’entendent jamais aussi bien que sur la nĂ©cessitĂ© de leur sĂ©paration, pose toutefois un Ă©norme problĂšme au reste des forces politiques de gauche. Que ce soit les Ă©cologistes (qui ont aspirĂ© Ă  l’AssemblĂ©e les ex-LFI) ou une partie des communistes, ces formations et Ă©lus unionistes, convaincus et/ou forcĂ©-e-s de l’ĂȘtre pour assurer leur survie politique, voient leur principal argument, certes toujours trĂšs populaire, commencer Ă  manquer d’aire faute d’espace politique. 

    Pris-es en tenaille, ils/elles font alors ce que tout le monde ferait Ă  leur place : prendre les gens Ă  tĂ©moin. Car aprĂšs tout si l’union est tant dĂ©sirĂ©e, quoi de plus simple que faire pression sur cet argument simple et efficace ? Eh bien une certaine Christiane Taubira adoubĂ©e par une certaine primaire « populaire » pourrait leur rappeler que, en politique comme ailleurs, les gens ne sont pas ce qu’ils/elles prĂ©tendent ĂȘtre dans l’idĂ©al.

    Ainsi, un Ă©lecteur LFI tout comme une Ă©lectrice PS/Place Publique peut trĂšs bien ĂȘtre pour l’union tout en ayant une claire prĂ©fĂ©rence partisane qu’il/elle privilĂ©giera au moment du scrutin si elle/il en a le choix. 

    Toute l’impossibilitĂ© de l’union est lĂ  : il n’existe aujourd’hui aucune urgence ressentie et trop de ressentiments accumulĂ©s pour permettre le moindre compromis aussi bien crĂ©dible que visible et entendable. Et au-delĂ  de ces querelles, il faut bien reconnaĂźtre qu’il sera extrĂȘmement difficile de ramener insoumis et socialistes autour d’un programme commun si personne n’a la main la plus forte.

    Qui imagine en effet MĂ©lenchon et Guedj discuter gĂ©nocide palestinien ou Delga et Dufour s’entendre sur une politique Ă©conomique. Les diffĂ©rences sont rĂ©elles et les unionistes ne parviennent toujours pas Ă  rendre cette future alliance ne serait-ce qu’un peu tangible.

    Sans réelle stratégie et, hormis Marine Tondelier qui parvient parfois à se faire reconnaßtre au-delà des cercles militants , sans porte-parole clairement identifié par un public peu politisé, les unionistes apparaissent figé-e-s et sans maßtrise de leur destin.

    Tandis qu’en face, on danse. PS Publique comme LFI argumentent et surtout communiquent dĂ©sormais sur la nĂ©cessitĂ© et les vertus de cette dĂ©sunion partagĂ©e. AprĂšs avoir Ă©coutĂ© certains discours, il apparaĂźt alors que ce qui Ă©tait avant un repoussoir vallsien, les gauches irrĂ©conciliables, est en train de devenir aujourd’hui pour ces organisations une sorte de nĂ©cessitĂ© certes urticante mais dont on devrait presque paradoxalement mĂȘme se rĂ©jouir.

    Celles et ceux qui attaquaient ou se dĂ©fendaient avec force de l’argument des purges semblent finalement aujourd’hui l’embrasser en espĂ©rant que l’électorat de gauche, contraint par le vote et la poussĂ©e fasciste, finira par faire son choix. MĂ©thodes de crevard mais mĂ©thodes efficaces ? Seul l’avenir nous le dira.